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La Lorgnette du Margouillat

VOYAGE A THIES

VOYAGE A THIES

Hormis la remontée vers le nord, vers Saint Louis, la Mauritanie, il est rare que je passe par Thiès lors de mes escapades. Moins encore à la période d'hivernage.
Quelle dommage!
Bien que parcouru sous une pluie battante, sur un goudron noyé, englouti par boue de latérite ou de calcaire, je me suis régalé!
Les collines vers Tiéo sont somptueuses, tout en nuances de vert. Baobabs, acacias, neems, anacardiers livrent bataille aux champs de mil. Qui sera le plus vert!?!
Entre Kissane et Sangue, la brousse s'est couverte de son manteau d'hivernage. Chaque année, le miracle se reproduit! Il suffit d'une seule pluie pour que la terre moribonde, brûlée, calcinée par neuf mois de soleil s'ouvre à la renaissance de la nature.
Les femmes s'abritent sous la tôle rouillée de leur étal. Les mangues sont rouges, les fruits de la passion jaunissent, gorgés de leur jus doux-amer.
Quelques gosses, enfants-bergers Peuhls, tentent de maintenir les troupeaux autour des flaques. Abreuver zébus et moutons n'est pas facile avec tous ces camions qui navettent entre les carrières... Les ciments du Sahel sont à deux pas.
Vers Keur Mamour, un camion s'est renversé. Il pleut des cordes. Plus de peur et de tôles froissées que de mal. Le goudron est glissant, piégeux. Les nids d'autruches sont masqués par l'eau qui ruisselle en torrents. Le terre est devenue imperméable à certains endroits.
On est en Afrique! On s'arrête, on se salue, on s'inquiète, on demande s'il faut de l'aide.
La nature est belle! Une légère brume flotte à l'horizon, offrant aux verts un écrin tout particulier, somptueux!
Malheureusement, en s'approchant de Thiès, avant le stade Lat Dior, les décharges massacrent le paysage. Il ne pleut pas à Thiès et les fumées nauséabondes vomissent des odeurs pestilentielles. Bienvenue dans la ville de Coumba Gawlo, d'Idrissa Seck et de Talla Sylla...
Souvent décriée, l'administration sénégalaise ne me confisquera pourtant que dix minutes de mon temps. Un cachet, le sourire de la secrétaire et me voici déjà dans le jardin de l'Escale où le jardinier veut me vendre un bananier...
Le temps de palabrer et mon copain le lavoir de voiture termine le séchage de ma vieille anglaise. Je n'ose pas lui dire que le retour vers Sindia risque de gâcher son travail...
Je ne me suis pas risqué cette fois à prendre des chemins, des pistes de traverse pour rentrer au bercail. Je suis sagement revenu par le goudron.
La route est encore plus belle vue de ce sens.


(Aquarelle Marie K)

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