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APOCALYPSE

APOCALYPSE

C'était il y a bien longtemps. Une fin d'après-midi d'août au Domaine de Nianing.
La journée avait été radieuse, ensoleillée. Très chaude évidemment, avec un taux d'humidité énorme bien que tempéré par un léger alizé au bord de l'océan.
C'était au temps où les juillettistes et les aoûtiens remplissaient les hôtels de la Petite Côte...
Le Margouillat prenait un verre au bar de la plage. Aziz aux commandes, épaulé par une armada de serveurs.
Soudain, le vent s'est levé. Rapidement, très rapidement. Le ciel s'est assombrit. De gros nuages noirs accouraient de Joal en escadrilles serrées.
Les milliers d'oiseaux se sont tus. Un signe!
En à peine une minute, les vents tordaient les cocotiers, renversaient tables et chaises, expédiaient les matelas de plage vers Mbour.
Oserais-je l'écrire, un vent de panique fracassait les estivants primo-arrivants, les novices de l'hivernage.
Alors, la pluie est arrivée, embrassant les bourrasques, enfantant un ouragan!
Étais-ce une tornade, un cyclone? Dans l'impressionnant tourbillon de sensations, nul ne se posait la question. Tous fuyaient en désordre.
Je me souviens de Monsieur Apo, le créateur du domaine. En regardant la scène, il nous lança: "C'est ça l'apo...calypse!
J'ai eu une pensée émue pour ce personnage étonnant. Hier soir.
Nous avons revécu l'apocalypse selon Monsieur Apo.
Vous lirez, je suppose, bon nombre de témoignages, de posts facebookiens, d'articles de presse sur l'énormité de la soirée de ce samedi. Déjà des photos circulent.
Sombres je l'admets, Sénélec a plié bagages à la première ondée pour ne revenir timidement qu'aux aurores...
Je retiendrai pour ma part la vision de ces piroguiers qui, dans la tempête, au risque de leur vie, s’accrochaient à leur outil de travail. Écoper, modifier l'ancrage à tous moments, plonger, retenir leur esquif pour qu'il ne se fracasse pas contre les rochers.
Eux ont vécu l'apocalypse! Comme à chaque fois que l'hivernage menace leur pirogue!
Nous, nous avons eu les pieds dans l'eau. Jusqu'aux genoux, admettons!
Les rhumatismes se sont réveillés, les raclettes ont raclé, les torchons torchonné.
A la lueur des torches de téléphone, il y a un côté anecdotique, voire rigolo quand le soleil se lève le matin, que les oiseaux chantent à nouveau, que la Sénélec éclaire enfin un jour nouveau.
Ne subsistent que des flaques, des voitures naufragées, des lits torrentiels d'où s'écoulent encore un filet d'eau charriant un milliard de "machins".
Chacun part à la recherche de sa tôle de toit, répare, nettoie.
Rit aussi! Dieu compte les dégâts et rassure les vivants.

(illustration Fanfancout)

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