Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

LE MALADE IMAGINAIRE

LE MALADE IMAGINAIRE

Dans la série des malades imaginaires, mon copain Amadou peut se targuer d'être, au moins, l'égal d'Argan du génial Molière!
Donnez lui une pharmacie, Amadou va la consommer, l'engloutir entre Korité et Tabaski!
- Mon ami! J'ai mal là. Tu me donnes un médicament?
Là, c'est un jour la tête, une nuit le ventre, un matin les intestins, en soirée des nausées, au lever: diarrhée!
Quant aux dents, c'est permanent!
A sa place, il y aurait déjà belle lurette que j'aurais attaqué mes parents en justice. Concevoir un tel concentré de maladies relève d'un sadisme parental méritant amplement perpette!
Un soir, lassé de sa mendicité médicamenteuse, je lui lance:
- Amadou, tu ne serais pas un peu hypocondriaque par hasard?
- Si! Si! Aussi! Ça, ça me fait trop mal! Tu as un calmant pour ça?
J'avoue avoir été tenté de lui acheter un sachet de Smarties. Un placebo de toutes les couleurs, ça doit bien tout guérir, non?
Dans Polyeucte, Corneille écrivait: “A raconter ses maux, souvent on les soulage”.
Pas Amadou!
L'inventaire des bobos d'Amadou n'est jamais exhaustif! Quand il parle de l'otite de son oreille droite, il se souvient alors que la gauche a un bouchon...
Amadou saurait que des laboratoires paient des cobayes humains pour tester de nouveaux traitements, il oublierait qu'il a des cors aux pieds et s'encourrait postuler!
Alors, je me surprend souvent à avoir, au fond de ma poche, une tablette de paracétamol. Au cas où je croise mon sympathique pathologique.
Le paracétamol, c'est son péché, sa drogue, son gardénal (juke-box)!
Le mois dernier, je me balade avec un ami toubab; Nous tombons sur Amadou en pleine crise de Gémalà.
Ayant rapidement diagnostiqué l'oiseau, il lui dit:
- Quand je reviens au Sénégal, je te rapporterai du paracétadur. C'est français, c'est plus fort!
Amadou en a "commendié" six boites.

(aquarelle Annie B.)

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article