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La Lorgnette du Margouillat

ENFER ET PARADIS

ENFER ET PARADIS

Deux heures quarante du matin. Les Laobé hurlent et aboient dans la nuit.
Même les ânes braient à tue-tête. Pas comme d'habitude. Des gueulantes lugubres.
Une hyène doit trainer ses taches pas loin du village.
Hier, peu avant l'Angélus, quelques vautours tournaient dans le ciel, au dessus des champs voisins. Un cadavre sans doute. Une carcasse, un chien écrasé, un ânon mort-né, une chèvre malade...
Parfois, le corps blessé, sans vie d'un simple écureuil étourdi, d'un choucador imprudent, d'un hérisson trop lent attisent la gourmandise des charognards.
La danse macabre est chorégraphiée. Sautillements, coups d'ailes, de becs. L'intimidation du plus hardi envers le plus pleutre. Un spectacle étrange. Macabre.
Même le chacal attend prudemment de voir s'il lui restera un os à ronger.
Les asticots n'ont pas souvent de quoi faire bombance au pays des taf-taf-squelette...
Ici, même si c'est la brousse, c'est "loi de la jungle"!

La jungle... Celle du Margouillat. Celle du jardin de Mbin Diakar est en train de perdre ses plumes! Ses feuilles plus exactement.
Les deux baobabs s'en donnent à cœur joie. A celui qui tapissera le mieux la terre sablonneuse de la concession.
Plus tard ce seront les flamboyants qui s'effeuilleront à tout va. La majorité des autres essences garderont leurs parures, leurs fleurs également. Paradis toute l'année!
Au jardin d’Éden, seuls Adam et Eve se baladaient à poil. Dieu qu'il est stupide d'avoir inventé l'automne pour deux simples cache-sexes hypocrites et pudibonds!

(illustration Umanov Bakhtiyor)

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