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La Lorgnette du Margouillat

FANTA

FANTA

"Il suffirait de presque rien,
Peut-être dix années de moins,
Pour que je te dise "Je t'aime".
Que je te prenne par la main
Pour t'emmener à... Palmarin..."   

Entre filles faciles, catins et pédophilie, le toubab slalome.
Slalom géant, slalom spécial, combiné combinard, super point G...
Le sujet a déjà été traité par le vieux lézard, je n'en rajouterai pas une couche usagée, sale et sordide.
Sinon qu'hier, j'ai été demandé en fiançailles!
Ma prétendante se prénomme Fanta. Onze ans depuis Tabaski. Craquante comme un tapalapa frais, mignonne, arsouille, ébouriffante, rigolote, ingénue, émouvante.
Sœur cadette de mes gentilles voisines, Fanta s'en vient parfois me faire un coucou.
Le mur nous séparant n'est pas bien haut et, une simple bassine sur laquelle elle grimpe suffit à voir sa frimousse espiègle apparaître.
Quand ses sœurs, ou Maman me rendent visite, Fanta se colle aux boubous pour accompagner les grandes et me couvrir de sourires et de clins d'yeux.
Aux débuts, je soupçonnais les sachets de bonbons, les jus de fruits d'être les seuls attraits de ma gourmande.
Hier, sans famille ni friandise, ma promise s'est déclarée!
- Je peux venir?
- Oui ma Puce, fais le tour, je t'ouvre le portail.
Le français de Fanta n'est que ce qu'il est mais, suffisant pour que je comprenne.
Deux bisous timides remplacent son habituelle petite main molle conjuguée d'une génuflexion maladroite. Le vieux lézard est aux aguets!
- Je dois te parler!
- Je t'écoute! Tu veux un bonbon, un fruit, un sucré?
- Non, ça va!
Fanta est assise, bien droite sur le coussin du canapé sous la paillote. Elle regarde l’entrelac de paille et de bouts de bois du toit...
- Tu veux m'adopter? Et, quand je serai grande, on se mariera.
Vous comprendrez que je veuille garder, comme un trésor intime, la suite de notre conversation.
Sachez, malgré tout, que même la Lorgnette m'a félicité de la diplomatie, la douceur, la compréhension, le tact, la sagesse dont j'ai usé pour gérer cette situation délicate. Il était hors de question que la Petite s'en retourne triste, déçue ou forte d'une promesse vague et maladroite. Encore moins une moquerie!

Quasi quotidiennement, pour peu qu'on se frotte à la population locale évidemment, le ou la toubab peut se retrouver dans une situation particulière que, souvent, la simple couleur de sa peau génère.
- J'ai pas de père. Toi, t'es toubab, t'es gentil...

Je sais certains pervers dans ce pays...

(illustrateur inconnu)
"il suffirait de presque rien" Jean-Max Rivière/Gérard Bourgeois/Serge Reggiani
https://youtu.be/l9KiGZqnvRk

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