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La Lorgnette du Margouillat

TATANES

TATANES

Le Margouillat est un va-nu-pieds!
Ni clochard nécessiteux, ni misérable miséreux, ni pauvre gueux ou crève-la-faim! Non!
Pas encore...
Mais, le vieux lézard aime avoir les orteils à l'air quand il est dans sa case. Le carrelage semble plus frais, Les plantes des pieds apprécient.
Moins quand il m'arrive malencontreusement d'écraser un épouvantable insecte visqueux, sanguinolent ou craquant horriblement sous le talon... Beurk! (Onomatopée prononcée lorsque Lazare éprouve un dégoût très prononcé ou déteste particulièrement une situation ou une chose immonde qui lui colle aux pieds).
Par contre, quand je mets un arpion dehors, c'est chaussé!
Je ne sais comment appeler ces "machins" que je porte trois cent soixante cinq jours par an. Sandales, pantoufles de gym, babys? Un truc en tissu avec une semelle en caoutchouc ou en corde; une chose sans lacets dont j'écrase les contreforts instantannément après achat (2000fcfa dans toutes les bonnes bitiks de nar).
Ayant trouvé, ici, chaussure à mon pied, je me retrouve avec une paire de mocassins en cuir fauve - superbe - achetée il y a quinze ans en Toubabie et qui ne me servent plus que lors de mes aller/retour d'un continent à un autre.
Également, une paire de basket pas très fraîche que je ne porte plus depuis des lustres et qui s'empoussière dans un antique coffre mauritanien.
Je dois vous avouer que le reptile du Saloum a une sainte horreur des boucles, des fermetures-tirettes et plus encore des lacets. Une phobie! Une détestation!
Ici, les locaux marchent "chinois": tongs!
J'ai essayé. Chaque fois, je me mettais les pieds en sang avec cette abomination de boucle plastique qui sépare le gros orteil du dépasus. J'ai renoncé! Trop fragile le Margouillat!
L'autre matin, un copain cultivateur s'en vient me saluer, m'offrir quelques kilos de mil pour un petit service rendu. Adorable et courageux bonhomme que j'aime beaucoup.
Abdou trouve, sur la petite table basse de la paillote, la fameuse paire de basket que je m'apprêtais à dépoussiérer.
En Toubabie existe le "nettoyage de printemps". Ici, c'est après l'hivernage qu'on rafraîchit les cases sous 40 degrés à l'ombre...
J'observe mon pote qui n'a d'yeux que pour la paire de godasses à côté desquelles il a posé son verre de jus de pamplemousse rose.
- C'est à toi?
- Non, c'est à toi si tu chausses du 43!
- Du 42 mais, c'est pas grave!
A la fin de l'hivernage, c'est aussi "vide grenier", "vide maison" et niokobok.

(aquarelle John Lovett)

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