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La Lorgnette du Margouillat

SANAKHA ET NAMORI

SANAKHA ET NAMORI

J'ai cru comprendre que quelques-uns d'entre vous avaient apprécié ma copine Sanakha, la belle Mandingue. (http://la-lorgnette-du-margouillat.over-blog.com/2019/05/sanakha.html)
Nous nous étions croisés sur une piste de hasard. Allions-nous nous revoir?
Parmi les grands mystères de l'Afrique, il en est un qui souffle parfois un vent favorable... Quand Komotogui parle à Maa Ngala...
"Je ne suis que ton humble passeur entre Toi et les hommes Seigneur mais, je te suggère de faire à nouveau se rencontrer ces deux là."
Dieu n'a pas dit non!

- Sanakha!?!
- Hé! Mon ami Lazare! Tu vas bien? Je savais que nous allions nous revoir! Dieu le voulait, et moi aussi!
C'est ainsi qu'elle m'expliqua Komotogui et Maa Ngala.
- Hi! Hi! et puis, tu sais, je suis fille de griote! Ma mère a dû saupoudrer un peu de sorcellerie entre mes deux oreilles...
Le vieux lézard vous avoue qu'en effet, Sanakha est ensorcelante...
- Je te présente mon petit frère, Namori.
- Bonjour toubab!
- Salut bonhomme! Tu vas bien!?!
Le gamin me répond d'un pouce levé et d'un clin d’œil irrésistible. "Cool Man!"
- Même père, même mère, même moustiquaire?
- Nan! Juste la moustiquaire! Mais, c'est mon frère quoi! Tu sais hein, ici, c'est comme ça!
Le gamin ne cesse de m'observer. Sourire, fossettes, yeux plissés pétillants dans lesquels je devine une foule de soupçons, d'interrogations...
- Tu vas épouser ma sœur?
- Hé! Comme tu y vas mon grand! Tu vois quoi, là, devant toi?
- Un gorgui blanc qui regarde trop bien ma sœur!
- Ok Namori, je te promets, la prochaine fois, je porte des lunettes fumées!
C'est à cet instant béni que j'ai retrouvé le rire pétillant, étincelant, merveilleux de Sanakha...
Il y avait un petit banc bancal devant la quincaillerie; Namori s'est assis entre sa sœur et moi. Rempart de bienséance, de méfiance, de jalousie sûrement. Je le soupçonne de beaucoup s'amuser de la situation... Et puis, c'est Ramadan!
Nous sommes restés là à papoter, palabrer, rigoler. Nous apprivoiser encore. Temps suspendu de bonheur simple et sain.

Nous nous sommes promis de nous revoir, après Ramadan, après Korité.
- Hé! Mais je ne serai plus là moi! Je repars à Pikine!
- On pensera à toi Namori, t'inquiète! On boira un jus de bouye à ta santé...
- Deux même!

(aquarelle Alexandre Lievin)

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