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La Lorgnette du Margouillat

L'IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

L'IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

Chasseur de gazelles. Homme blanc. Plus que souvent décevant, désolant, navrant.
Gibecière tarifée, taxée, tapinée, masseuse masquée, maquée; généralement.
Vieux fusil usé, mou, requinqué le temps d'une apparence via un Viagra douteux.
Quelques billets de Céefa, villa ou chambre débarras; ventre plat, le temps d'une retenue de cage thoracique.
Table gourmande ou pas, où l'on apprend à l'ingénue - qui ne l'est pas - à ne pas manger avec les doigts.
Boite de nuit, un peu glauque, un peu trop tard ouverte où l'on regarde sa montre, ajuste sa monte.
Et cette verve pauvre, inutile, aux sous-entendus entendus, attendus comme cette supplique impudique: "Bon, on y va là ?"
Pauvre France !

"Ah ! non ! c’est un peu court, vieil homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…"

"Oui, dès l'instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l'amour qu'en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j'y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez !"

Alphonse Allais amoureux...de l’imparfait du subjonctif

illustration autoportrait Alphonse Allais

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