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La Lorgnette du Margouillat

DIONEWAR

DIONEWAR

En rentrant d'une escapade sur l'île de Dionewar, en pays Niominka, j'apprends le décès d'Ennio Morricone.
Instantanément, je colle les images de ma journée avec la musique magistrale du Maître. (juke-box)
Hasard terrible...
Ce petit bout de terre, je le fréquente depuis près de vingt ans. A chacune de mes visites, il rétrécit; se fait bouffer par l'océan. L'érosion s'accélère dramatiquement. Des centaines de baobabs, de cocotiers, de filaos se noient chaque année. Le cimetière est d'une désolation sans nom.
Presqu'inimaginable si, comme le vieux lézard, vous n'y retournez pas pour comparer d'une saison à l'autre la terrifiante montée de l'atlantique à l'assaut des plages et, désormais des champs des cultivateurs.
Le village est légèrement protégé par une langue de sable. Pour combien de temps encore ?
Fort heureusement, l'île est grande, végétalement luxuriante, bien plus bénie des pluies qu'ailleurs dans le Sine Saloum.
Le mil, par exemple, y lève déjà alors que dans le village du vieux lézard, à moins de trente kilomètres, les semis agonisent de sécheresse avant même de sortir de terre.

Il était une fois dans l'ouest... sur cette même île, un hôtel merveilleux.
Abandonné par manque d'eau, d'électricité et de tourisme. Parce qu'Ebola, visa, Corona...
Il est un projet somptueux qui dort dans un dossier de réexploitation...
En attendant, le temps, le climat particulier, venteux, salé gangrène l'établissement qui n'est déjà plus que l'ombre macabre de lui-même. La désolation est douloureuse, les dégats inimaginables. Un gardien fantôme, un jardinier ectoplasme errent entre gravats, serpents et varans.
Sale temps au Paradis...

Illustration Anouk Sarr
juke-box: https://youtu.be/TYbllUDYIDo

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