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La Lorgnette du Margouillat

AMINA

AMINA

- Quand je serai grande, je n'aurai pas de mari !

Compliqué et délicat d'être Lazare, le gentil voisin toubab à qui l'on vient se confier un peu. Elle a ses mots qu'elle cherche encore un peu. Mais, on y arrive. Deux années à Marseille ont bien aidé.

- Le français, c'est bien mais c'est torop difficile dèh !

Le papa d'Amina est "bounty". Le vieux lézard, c'est un tout petit peu le contraire. Toubab dehors, un peu chocolat au lait dedans. C'est trouble, diffu dans mon esprit mais, ça a dû lui plaire ce "contraste".

L'histoire est la leur, sinon que, pour faire sobre, Papa est resté en France et Maman est rentrée avec la petite à la concession familiale.

- Mon père m'a abandonné quoi ! Toi, tu as abandonné ta famille ?

Sans me justifier d'aucune manière, ni entrer dans les détails, j'ai expliqué que ma famille avait finalement choisi de vivre en Europe en m'offrant la liberté d'habiter en Afrique. Réaliser mon rêve, mon graal, ma quête. Les détails ne vous regardent pas !

Le Papa d'Amina, si j'ai bien compris, a oublié femme et fille dans les bras d'un business automobile et d'une "vieille toubab riche et méchante"...

- Maintenant, tu es mon nouveau père !
- Non ma chérie; on est ami ! C'est mieux ça ! Tu viens parler quand tu veux, mais, tu as maman, ta grand mère, ton oncle, tes tantes et, surtout ton grand père qui est mon ami !
- Ah oui ! Il t'aime beaucoup beaucoup ! Moi aussi je t'aime !

Finalement, la distanciation sociale, c'est tellement plus simple que la si délicate tendresse.

illustration Mariposa

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