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La Lorgnette du Margouillat

JOOLA

JOOLA

Il y a dix huit ans, jour pour jour.
Je suis en Toubabie.
Les moyens de communication ne sont pas ce qu'ils sont aujourd'hui. Je corresponds avec un toubab depuis trois ans. Le gars se révèlera être un rat. Pervers, malsain. Sinon qu'à l'époque, le bonhomme est une bible pour le néophyte amoureux du Sénégal que je suis.
J'ai débarqué fin du siècle dernier au pays d'Abdou Diouf, je traîne encore un gros bagage de naïvetés...

J'apprends le naufrage du Joola. Je sais que c'est l'emblématique bateau qui relie Dakar à Ziguinchor; je ne l'ai jamais emprunté.
Je contacte mon bonhomme et lui demande s'il sait déjà s'il y a des victimes, des survivants.

- Écoute-moi bien Lazare ! Dans ce bateau, à chaque navette, il y a plus de deux mille passagers, bien plus du double autorisé. S'il a coulé au large de la Gambie, il y aura deux mille morts !

Exaspéré par ma question candide, je suivrai l'évolution des informations par le biais de ses publications et par la presse.
Les autorités, par indécence, minimiseront le nombre de victimes à mille huit cent soixante quatre morts...
La plus grande catastrophe maritime de tous les temps ne dévoilera jamais la moindre responsabilité.

"Au pays des palabres, les bouches se sont tues tant le silence hypocrite donne raison au déni"

Ce qui a coulé le Joola, c'est la cupidité et l'inconscience. L'irresponsabilité et l'inconsistance !

Si je peux me permettre, lisez "Les veilleurs de Sangomar" de Fatou Diome. Tellement plus intense qu'un jugement...

illustration ALZ

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