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La Lorgnette du Margouillat

REMEMBER

REMEMBER

Un chacal passe au loin, entr'un acacia fatigué de solitude et un marigot improbable où seule une aigrette ardoisée s'imagine trouver festin.
Olof ne l'a ni vu ni flairé; nous nous baladons à contre vent, ce qui bien évidemment alerte l'animal craintif des humains, d'autant que ce blanc - qui plus est - est accompagné d'un chien qui ne sent pas le laobé...

"Torop toubab ces deux-là !"

Un baobab pleure doucement son feuillage, dévoilant ainsi quelques centaines de pains de singe. Seules quelques touffes d'herbe cuite achèvent l'inventaire du décor.
La frontière entre terre et tan dégage une sensation de bout du chemin, bout du monde, fin de vie. Pourtant, en s'adossant au baobab, en y regardant bien, un univers en survie grouille encore.

Mon compagnon à quatre pattes lève un petit varan. Il aboie, la queue bat. Celle du boundao reptile est dangereuse. Olof le sait. Ce n'est pas un gorgui broussard de bientôt quatre ans qu'on va surprendre en naïveté. D'autant que son instinct naturel et l'éducation de papa Lazare ne sont pas négligeables...
Lassé du face à queue, mon chien préfère courser un rat palmiste intrépide. L'écureuil saute d'une branche basse pour détaler vers le bolong lointain.

"Torop taf taf cabot !"

Se rendant compte qu'il n'est pas lévrier, mon toutou pas Lébou s'en va taquiner un vanneau éperonné. Pour détourner l'attention, l'oiseau quitte son nid à même le sol afin de leurrer mon chasseur métis. La parade fonctionne.
Finalement, mon flaireux se couche devant un énorme mille-pattes. La fascination est grande. Drôle jusqu'à ce que je me lasse et me lève.

L'aigrette s'est envolée vers Djiffer. Nous profitons de sa désertion pour nous en aller au bord du marigot. Nénuphars, crapauds et grenouilles sont moins farouches que l'échassier.
Olof sait qu'il ne peut plonger malgré l'envie... Il se contente dès lors de dodeliner la tête, incrédule face aux batraciens bruyants sur ressorts. Quant aux nénuphars, trop beaux mais trop d'insectes !

Reprendre la Tibétaine, rentrer par tans et pistes en faisant une halte d'amitié à Mamadou de l'Eden de Palmarin, mon "spot pote".

Un souvenir banal diront certains... Tellement précieux désormais.

illustration Solene Ledantec

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